Immeuble Tertiaire : Qu’est-ce que c’est ?
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Immeuble Tertiaire : Qu’est-ce que c’est ?

Marion
juin 26, 2026
9 min de lecture

Vous entendez souvent parler d’immobilier tertiaire, mais vous ne savez pas exactement ce que c’est ? Votre entreprise occupe des locaux et vous vous demandez si vous êtes concerné par le « Décret Tertiaire » ? Vous cherchez à comprendre les règles qui s’appliquent à ce type de bâtiment ?

Cet article vous donne une définition claire de l’immeuble tertiaire et détaille les obligations à connaître. Vous saurez précisément quels bâtiments sont concernés et quelles sont les réglementations à respecter pour être en conformité, notamment en matière de consommation d’énergie.

Qu’est-ce qu’un immeuble tertiaire ? Définition et exemples concrets

Un immeuble ou bâtiment tertiaire est un local professionnel dont l’activité ne relève ni du secteur primaire (agriculture, mines) ni du secteur secondaire (industrie, construction). Il est dédié aux activités de services, c’est-à-dire le secteur tertiaire. L’ensemble de ces bâtiments forme ce qu’on appelle le parc immobilier tertiaire.

L’INSEE distingue deux grandes catégories pour le secteur tertiaire : le secteur marchand (commerce, transports, services aux entreprises, immobilier) et le secteur non-marchand (administration publique, enseignement, santé, action sociale). Un bâtiment tertiaire peut donc appartenir à l’un ou l’autre.

Pour faire simple, voici des exemples concrets d’activités et de bâtiments relevant du tertiaire :

  • Les bureaux : sièges sociaux d’entreprises, espaces de coworking, centres d’affaires.
  • Le commerce : magasins, supermarchés, centres commerciaux, boutiques.
  • Les entrepôts : plateformes logistiques, lieux de stockage (hors production).
  • L’hôtellerie et la restauration : hôtels, restaurants, cafés, bars.
  • Les établissements de santé : hôpitaux, cliniques, EHPAD, laboratoires d’analyse.
  • Les bâtiments d’enseignement : écoles, collèges, lycées, universités, centres de formation.
  • Les installations sportives et culturelles : stades, gymnases, musées, théâtres, cinémas.

Différence entre bâtiment tertiaire et ERP

Un bâtiment tertiaire est souvent un Établissement Recevant du Public (ERP), mais ce n’est pas toujours le cas. La notion d’ERP est liée à la sécurité du public, tandis que la notion de bâtiment tertiaire est liée à l’activité économique exercée.

Par exemple, un immeuble de bureaux n’est pas un ERP s’il n’accueille que les salariés de l’entreprise. En revanche, il est soumis au Code du travail pour la sécurité des employés. Un centre commercial est à la fois un bâtiment tertiaire (activité de commerce) et un ERP (il reçoit des clients).

Les 4 grandes obligations réglementaires des bâtiments tertiaires

L’exploitation d’un immeuble tertiaire implique de respecter plusieurs réglementations strictes. Ces obligations visent à améliorer la performance énergétique, garantir l’accessibilité et assurer la sécurité de tous. Les entreprises du secteur doivent bien les connaître.

Voici un tableau qui résume les principales obligations pour les bâtiments à usage tertiaire.

Réglementation Objectif principal Bâtiments concernés
Décret Tertiaire Réduire la consommation d’énergie finale. Bâtiments ou parties de bâtiments de plus de 1000 m².
Décret BACS Automatiser le contrôle des systèmes énergétiques (chauffage, clim…). Bâtiments tertiaires neufs ou existants avec des systèmes de puissance > 290 kW, puis > 70 kW en 2027.
Accessibilité PMR Permettre l’accès et l’usage du bâtiment aux personnes en situation de handicap. Tous les ERP neufs et existants.
Sécurité Incendie Prévenir les risques d’incendie et faciliter l’évacuation. Tous les ERP et les lieux de travail.
💡 Le point commun de ces règles ? Toutes ces obligations visent à rendre le patrimoine immobilier tertiaire plus durable, plus sûr et plus inclusif. Elles représentent un investissement, mais aussi une opportunité d’améliorer la valeur et l’exploitation des actifs. Le système de management de l’énergie devient central.

Ces quatre réglementations forment le socle des obligations pour les propriétaires et exploitants. Le Décret Tertiaire est souvent le plus complexe à mettre en œuvre en raison de ses objectifs chiffrés et de ses échéances.

Focus sur le Décret Tertiaire : Êtes-vous concerné ?

Le Décret Tertiaire, issu de la loi ELAN de 2018, est le dispositif phare qui impose une réduction de la consommation d’énergie des bâtiments du secteur. C’est une obligation de résultat, pas de moyens.

Les bâtiments concernés sont tous ceux, ou parties de bâtiments, dont la surface est supérieure ou égale à 1000 m² et qui abritent une activité tertiaire. Cela inclut le public et le privé, qu’il s’agisse d’un bâtiment tertiaire unique ou de plusieurs locaux tertiaires au sein d’un même ensemble immobilier.

Quels sont les objectifs à atteindre ?

Le décret fixe des objectifs de réduction de la consommation d’énergie finale très clairs, par rapport à une année de référence choisie (après 2010) :

  • -40% d’ici 2030
  • -50% d’ici 2040
  • -60% d’ici 2050

Une alternative existe : atteindre un seuil de consommation en valeur absolue, défini par type d’activité (bureaux, commerce, santé…).

La déclaration sur la plateforme OPERAT

Pour suivre ces objectifs, tous les assujettis doivent déclarer leurs consommations énergétiques chaque année. Cette déclaration se fait sur la plateforme OPERAT, gérée par l’ADEME (Agence de la transition écologique). La date limite de déclaration est fixée au 30 septembre de chaque année.

Cette plateforme permet de suivre sa trajectoire de réduction et de recevoir une attestation annuelle. Le non-respect de cette obligation de déclaration expose à des sanctions.

Rénovation énergétique et aides financières pour le tertiaire

Pour atteindre les objectifs du Décret Tertiaire, la rénovation énergétique est le levier principal. Même si le texte n’impose pas de travaux spécifiques, c’est souvent la seule solution pour réaliser les économies d’énergie nécessaires.

Les travaux les plus courants pour améliorer l’efficacité énergétique des bâtiments tertiaires sont :

  • L’isolation thermique (murs, toiture, fenêtres)
  • La modernisation du système de chauffage et de climatisation (CVC)
  • L’optimisation de la ventilation
  • L’installation d’un système de pilotage intelligent (GTB/GTC), encouragée par le Décret BACS.
Comment financer ces travaux ? Plusieurs dispositifs d’aide existent pour les entreprises du secteur tertiaire. Le plus connu est celui des Certificats d’Économies d’Énergie (CEE). Il permet de recevoir une prime pour la réalisation de travaux de rénovation énergétique, finançant ainsi une partie de l’investissement.

Engager une démarche de rénovation est donc un passage obligé pour la plupart des acteurs. Cela permet non seulement de respecter la loi, mais aussi de réduire les factures d’énergie et d’améliorer le confort des occupants.

FAQ – Immeuble Tertiaire

Quelle différence entre bâtiment tertiaire et ERP ?

Un bâtiment tertiaire est défini par son activité économique (services), tandis qu’un Établissement Recevant du Public (ERP) est défini par sa capacité à accueillir du public. Un bâtiment tertiaire peut être un ERP (un magasin), mais pas toujours (un entrepôt logistique fermé au public).

Un entrepôt est-il un bâtiment tertiaire ?

Oui, un entrepôt dédié à la logistique et au stockage (sans activité de production industrielle) est considéré comme un bâtiment à usage tertiaire. S’il fait plus de 1000 m², il est donc soumis au Décret Tertiaire.

Quelles sanctions en cas de non-respect du Décret Tertiaire ?

Les sanctions sont progressives. En cas de non-déclaration sur OPERAT ou de non-atteinte des objectifs, une mise en demeure est envoyée. Si la situation n’est pas régularisée, le dispositif « Name and Shame » s’applique : le nom de l’entreprise est publié sur un site de l’État. Des amendes administratives (jusqu’à 1500€ pour les personnes physiques et 7500€ pour les personnes morales) peuvent aussi être appliquées.

Qui est responsable des obligations, le propriétaire ou le locataire ?

La loi prévoit une responsabilité partagée. Le propriétaire et le locataire doivent collaborer. En général, le propriétaire est responsable des travaux sur le bâti (isolation), tandis que le locataire est responsable de l’exploitation et de l’usage des équipements. Le bail (notamment l’annexe environnementale) doit préciser la répartition des rôles et des coûts.

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Passionnée d'entrepreneuriat, elle partage ses conseils et expériences pour aider les entrepreneurs à développer leur activité dans les meilleures conditions.