Dévolution successorale : Définition et Fiches d’Orientation
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Dévolution successorale : Définition et Fiches d’Orientation

Marion
septembre 25, 2025
9 min de lecture

La dévolution successorale, ça vous dit quelque chose ? Si vous vous demandez qui hérite quoi après un décès, vous êtes tombé au bon endroit !

Contrairement à ce que beaucoup pensent, l’héritage ne se fait pas au hasard. Il existe des règles précises, fixées par le Code civil, qui déterminent qui récupère les biens du défunt quand il n’y a pas de testament.

Cette réglementation s’appelle la dévolution successorale. Elle établit un ordre bien précis entre les héritiers potentiels.

Vous voulez savoir comment tout ça fonctionne ? Décryptage complet de ces règles qui peuvent avoir un impact majeur sur votre patrimoine familial.

Qu’est-ce que la dévolution successorale ? (définition et cadre légal)

La dévolution successorale désigne l’ordre légal dans lequel les personnes sont appelées à recueillir une succession. En gros, c’est la liste officielle de qui hérite et dans quel ordre, quand le défunt n’a laissé ni testament ni donation.

Cette règlementation est codifiée dans les articles 733 à 738 du Code civil. L’article 734 précise notamment que ‘les héritiers légitimes sont saisis de plein droit des biens, droits et actions du défunt’.

Le principe est simple : si vous n’avez rien organisé de votre vivant pour votre succession, c’est la loi qui décide à votre place. Cette dévolution s’applique automatiquement dès le décès, sans aucune formalité particulière.

Il faut bien comprendre que la dévolution successorale ne concerne que la transmission des biens du défunt. Elle ne s’applique pas aux assurances vie (qui ont leur propre règle de dévolution) ni aux biens détenus en indivision ou en régime matrimonial spécifique.

L’ordre des héritiers : qui hérite et dans quel ordre ?

Le Code civil établit quatre ordres d’héritiers, classés par priorité. Chaque ordre exclut le suivant : tant qu’il existe un héritier dans le premier ordre, les autres ordres n’héritent de rien.

Premier ordre : les descendants

Les enfants du défunt héritent en priorité absolue. Peu importe qu’ils soient nés dans le mariage ou hors mariage, adoptés ou issus d’une précédente union : tous les enfants ont exactement les mêmes droits.

Si un enfant est décédé avant ses parents, ses propres enfants (les petits-enfants) le représentent. C’est ce qu’on appelle la règle de représentation. Par exemple, si Pierre a 3 enfants dont l’un est décédé en laissant 2 enfants, l’héritage se répartit en 3 parts égales : une pour chaque enfant vivant, et une partagée entre les 2 petits-enfants.

Deuxième ordre : ascendants privilégiés et collatéraux privilégiés

Ce deuxième ordre comprend les parents du défunt et ses frères et sœurs (ainsi que leurs descendants par représentation).

La répartition se fait selon des règles précises : si les deux parents sont vivants, ils récupèrent chacun 1/4 de la succession, et les frères et sœurs se partagent le reste. Si un seul parent survit, il prend 1/4 et les frères et sœurs récupèrent les 3/4 restants.

Troisième ordre : ascendants ordinaires

Il s’agit des grands-parents du défunt. En l’absence d’héritiers des deux premiers ordres, ils héritent par moitié : la moitié pour la lignée paternelle, l’autre moitié pour la lignée maternelle.

Quatrième ordre : collatéraux ordinaires

Cette catégorie regroupe tous les autres membres de la famille : oncles, tantes, cousins, cousines. Ils n’héritent qu’en dernier recours, quand il n’existe aucun héritier des trois premiers ordres.

La succession se répartit par degré de parenté, en privilégiant les proches parents. Au-delà du sixième degré de parenté, l’État récupère la succession.

Le cas particulier du conjoint survivant

Le conjoint survivant bénéficie d’un statut particulier dans la dévolution successorale. Ses droits varient selon la présence ou non d’autres héritiers.

Choix entre usufruit et pleine propriété

Quand le défunt laisse des enfants communs avec son conjoint, ce dernier peut choisir entre deux options :

  • L’usufruit de la totalité des biens de la succession
  • La pleine propriété du quart des biens

Si le défunt a des enfants qui ne sont pas ceux du conjoint survivant (enfants d’une première union par exemple), le conjoint n’a droit qu’au quart en pleine propriété, sans possibilité de choisir l’usufruit.

En l’absence d’enfants mais en présence des parents du défunt, le conjoint hérite de la moitié des biens. S’il n’y a ni enfants ni parents, il récupère toute la succession.

Droit d’habitation temporaire

Le conjoint survivant bénéficie automatiquement d’un droit d’habitation gratuit pendant un an dans le logement familial. Ce droit s’exerce même si le logement ne lui appartient pas entièrement.

Attention : les personnes en PACS ou en concubinage n’ont aucun droit automatique dans la succession. Sans testament, le partenaire survivant n’hérite de rien.

Formalités pour établir la dévolution

Pour que la dévolution successorale produise ses effets, certaines formalités doivent être accomplies.

L’acte de notoriété

L’acte de notoriété est le document officiel qui établit la liste des héritiers et leurs droits respectifs. Il est obligatoire dès que l’actif net de la succession dépasse 5 000 € ou qu’elle comprend des biens immobiliers.

Cet acte coûte 57,69 € HT (soit 69,23 € TTC). Le notaire y indique l’identité du défunt, celle de tous les héritiers et leurs parts d’héritage respectives.

Alternatives pour les petites successions

Pour les successions inférieures à 5 000 € sans biens immobiliers, vous pouvez opter pour :

  • Un certificat d’hérédité délivré par la mairie (gratuit)
  • Une attestation signée par tous les héritiers

Ces documents suffisent généralement pour débloquer les comptes bancaires et transférer les biens mobiliers de faible valeur.

Recherche d’héritiers

Le notaire doit s’assurer qu’il a identifié tous les héritiers. Cette recherche d’héritiers peut prendre plusieurs semaines, notamment quand la famille est dispersée ou que certains liens de parenté ne sont pas évidents.

Fiscalité des successions

La dévolution successorale déclenche des obligations fiscales importantes.

Abattements selon le lien de parenté

Chaque héritier bénéficie d’un abattement qui varie selon son lien de parenté avec le défunt :

Héritier Abattement
Enfants et conjoint 100 000 €
Petits-enfants 1 594 €
Frères et sœurs 15 932 €
Neveux et nièces 7 967 €
Autres bénéficiaires 1 594 €

L’abattement de 100 000 € pour les enfants se renouvelle tous les 15 ans. Un enfant handicapé bénéficie d’un abattement majoré de 159 325 €.

Barèmes et taux d’imposition

Au-delà de l’abattement, les droits de succession s’appliquent selon un barème progressif. Les taux peuvent atteindre 55 % pour les parents jusqu’au 4e degré et 60 % pour les autres cas.

Les héritiers sont solidaires du paiement des droits de succession. Si l’un d’eux ne peut pas payer sa part, les autres doivent compenser.

Délais et déclaration

La déclaration de succession doit être déposée dans les 6 mois du décès en France (12 mois si le décès a eu lieu à l’étranger). Cette obligation concerne les successions dont l’actif brut dépasse 50 000 €.

Questions fréquentes

La dévolution successorale est-elle obligatoire ?

La dévolution successorale s’applique automatiquement en l’absence de testament ou de donation. Vous pouvez modifier cet ordre légal grâce à un testament, mais vous devez respecter la réserve héréditaire des enfants (ou du conjoint s’il n’y a pas d’enfants).

Peut-on faire une dévolution successorale sans notaire ?

C’est possible uniquement pour les successions inférieures à 5 000 € d’actif net et ne comprenant pas de biens immobiliers. Dans ce cas, un certificat d’hérédité en mairie ou une attestation des héritiers suffit. Au-delà, le recours au notaire devient obligatoire.

Combien coûte une dévolution successorale ?

Le coût dépend principalement de la valeur de la succession. L’acte de notoriété coûte 69,23 € TTC. S’y ajoutent les frais de règlement de succession (émoluments du notaire calculés selon un barème dégressif) et les éventuels droits de succession après abattement.

Que se passe-t-il en cas d’absence d’héritiers ?

Si aucun héritier n’existe dans les quatre ordres légaux, la succession revient à l’État. C’est ce qu’on appelle une succession en déshérence. L’administration des domaines récupère alors tous les biens du défunt.

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Marion

Passionnée d'entrepreneuriat, elle partage ses conseils et expériences pour aider les entrepreneurs à développer leur activité dans les meilleures conditions.